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Laurent Legname

Bilan de mi-saison avec le coach Laurent Legname

Profitons de la trêve internationale pour faire un gros bilan de mi-saison avec Laurent Legname. Entre la Basketball Champions League, la Jeep Élite et les objectifs du reste de la saison, c’est l’heure de parler à tête reposée pour le coach All-Star.

 

Dijon a échoué en ¼ de finale de Leaders Cup face au gagnant de la compétition, Strasbourg. Est-ce dû à la différence d’expérience dans cette compétition entre deux groupes ?

Je ne sais pas si c’est l’expérience qui nous a coûté la victoire. Ce qui est sûr, c’est qu’on a pas joué à notre véritable niveau et c’est une vraie déception parce qu’on avait bien débuté le match défensivement, les laissant dans leur doute actuel. Malheureusement, on n’a pas réussi à faire la même chose sur le plan offensif, dû notamment à la maladresse. Trop de joueurs sont passés à côté de la partie et Strasbourg a été bien meilleur en deuxième mi-temps, à l’image de Mike Green.

 La SIG méritait la victoire, mais il y avait la place pour passer. Nous sommes tous déçus.

 

Après 36 matchs joués en 5 mois, c’est l’heure de faire un bilan de cette première grosse partie de saison. Si on commence par la Basketball Champions League, quelle analyse fais-tu de cette expérience européenne ?

Ce fût une très bonne expérience ! C’est une vraie belle compétition que nous avons joué à fond. On a joué tous les matchs à 100%, en faisant beaucoup de très belles choses dans une poule, sans doute la plus relevée de la compétition, qui était très homogène, avec de gros favoris. Excepté en Lituanie, nous avons été dans le coup à chaque fois, en faisant presque plier à domicile l’AEK, Bamberg ou encore Jérusalem, en finissant proche de la 4ème place.

Le calendrier n’a pas aidé et ce fût difficile d’enchaîner. C’était une découverte et nous n’avons aucun regret. L’équipe a progressé à travers cette compétition. Ça nous a permis de voir ce qu’il nous manquait aussi. Mais on a fait honneur à la compétition et au club et celui-ci a été vu de manière positive sur la scène Européenne.

 

Étais-tu heureux du tirage particulièrement relevé ou aurais-tu aimé avoir un groupe plus abordable ?

Je n’avais pas spécialement d’attentes particulières donc j’ai accueilli ça en me disant que nous allions avoir de belles affiches et que pour une première en BCL, nous allions rentrer de plein fouet dans la compétition, sans avoir la possibilité de nous poser des questions.

 

En quoi cette expérience va servir pour la suite de la saison ?

C’est difficile à dire là comme ça. On ne sait jamais trop avant que ça arrive. On a vu des joueurs de top niveau dans cette compétition et on sait que ces joueurs-là ont déjà beaucoup d’expérience. Quoi qu’il en soit pour nous, ce fût l’occasion d’apprendre à enchaîner les matchs, de vite passer à autre chose après un mauvais match, mais aussi de surfer sur les bonnes dynamiques quand cela se produisait.

Maintenant il faut faire attention en reprenant le rythme avec 1 match par semaine et il va falloir retrouver le rythme de l’enchaînement des entraînements. C’est un rythme plus classique mais que nous n’avions pas depuis le début de saison. À nous de faire en sorte que cela ne soit pas néfaste au groupe.

 

En Jeep Elite, Dijon est une nouvelle fois au-delà des objectifs à ce moment de la saison (3ème place) et ce malgré une équipe rarement au complet. Comment gérer le groupe pour ne pas s’enflammer malgré le classement ?

Le plus important c’est d’être conscient du « pourquoi on a ces résultats ». Ce n’est pas le fruit du hasard, mais plutôt le résultat de l’investissement du groupe au quotidien et de ce que donne les gars sur le terrain, en faisant des performances exceptionnelles. Il ne faut pas se reposer là-dessus et continuer de faire les mêmes efforts, pour continuer sur cette lancée. Sinon, on redeviendra une équipe banale.

Chaque individualité apporte sa pierre à l’édifice. On a atteint le premier objectif, celui de la Leaders Cup. Il faut maintenant atteindre celui des playoffs. Et pour ça, il faut continuer de faire les mêmes efforts. C’est très serré et il faut continuer de jouer un match après l’autre, en ayant conscience qu’on peut gagner contre tout le monde, mais il faut se méfier car tout le monde peut aussi nous battre. Ce sera à nous de progresser et de gagner en régularité.

 

Autant à domicile on sent qu’il est difficile de venir jouer la JDA, autant à l’extérieur c’est plus compliqué..

C’est vrai, mais si on prend les bilans de toutes les équipes, de manière générale c’est pareil pour tout le monde. Dans une bonne saison tu gagnes entre 6 et 8 matchs à l’extérieur. On en a déjà 3 et c’est à la fin qu’il faudra faire les comptes en sachant qu’on a joué beaucoup de gros à l’extérieur. Ce qui est certain, vu le classement, c’est qu’il faudra en gagner d’autres hors du Palais pour jouer les playoffs.

Tu disais en début de saison que la BCL coûterait sûrement 1 ou 2 match(s) en championnat. Tu confirmes cette analyse ?

Absolument, je confirme ! On le savait et ça s’est produit face à Gravelines et Bourg-en-Bresse. Face au BCM, on a joué sans David et sans Gavin Ware, expulsé au début de la 2ème mi-temps. Contre Bourg, nous aurions eu Ryan, je pense que ce serait passé pour nous. Mais ce sont les aléas d’une saison et sans l’enchaînement avec la BCL, on aurait pu gagner ces deux rencontres.

 

La JDA est l’équipe qui provoque le plus de balles perdues par match (16,4) et qui fait le plus d’interceptions (9,6). La défense est une nouvelle fois un point central de ton jeu. Comment faire adhérer un groupe à cette philosophie ?

On travaille beaucoup et je suis derrière les joueurs au quotidien sur cet aspect-là, sans pour autant occulter la partie offensive. Les résultats – sans la défense – sont trop aléatoires car l’adresse, ça vient et ça part.

Mais le mieux pour faire adhérer la défense aux joueurs, ce sont les résultats : quand on demande beaucoup d’intensité en défense à des joueurs mais qu’en retour ils accumulent des victoires, forcément, c’est plus simple d’aller dans ce sens et de les faire adhérer à cet axe du jeu. Mon staff et moi insistons beaucoup là-dessus car ça passe par là.

 

Le 5 Majeur idéal (Holston-Julien-Leloup-Pearson-Ware) n’est utilisé en moyenne que 5 minutes par match, pourtant le groupe a rarement été au complet. Comment aborde-t-on une rencontre quand la rotation est courte ?

On sait que l’effectif est de 9 joueurs et qu’on a souvent joué à 7 ou 8. Mais je n’aborde pas les matchs en me focalisant là-dessus. Quand on est moins nombreux sur le banc, les autres doivent donner plus et sont davantage responsabilisés. Par exemple, à 7 contre Strasbourg, tout le monde a donné énormément et ce fût un super match.

On a 9 joueurs qui ont des rôles différents et quand je coache je ne me dis pas qu’on est 9 ou 8 ou moins. Il y a une vraie hiérarchie dans l’équipe et chacun doit donner plus quand il y a des absents.

 

Comme la Leaders Cup, la Coupe de France est une compétition ou rapidement il est possible d’avoir des objectifs élevés. Est-ce que – comme chez Mickey – le classement de la saison régulière ne signifie rien et chaque match à son Histoire ?

On savait qu’on allait rentrer en 8èmes de finale et je l’ai dit aux joueurs, la Coupe de France c’est un vrai objectif. On a battu Chalon et on va désormais jouer les ¼ face à Le Mans. On est désormais à 2 matchs d’être à l’AccorHotels Arena pour jouer la finale et comme pour les autres, peu importe le tirage, il faudra aborder ce plateau à Trélazé avec les crocs.

 

David Holston signe pour l’heure une saison monstrueuse. Il nous a déjà avoué qu’il avait une relation particulière avec toi. Peux-tu nous dire quelques mots sur votre relation justement ?

On sait tous qu’entre un meneur de jeu et un coach, la relation est déjà particulière car il est le garant du jeu. Avec David, depuis 4 ans, on a une connaissance mutuelle du joueur et de l’humain. Je suis très content qu’il fasse cette saison, c’est dans la lignée des autres années. Il est peut-être encore un peu plus fort et un peu plus vu. Mais il a toujours eu ce talent et ces qualités-là.

Il y a de vrais liens entre nous, il sait ce que j’attends de lui et lui il connait le championnat. Il est vraiment bien dans ce groupe, mais aussi avec le staff et moi. C’est quelqu’un de très sensible qui veut bien faire pour le groupe et il aime avoir des responsabilités. Quand il est bien, il sait le rendre au centuple.

 

Il reste désormais 14 matchs à jouer en Jeep ELITE et au moins un en Coupe de France. Comment aborder cette deuxième partie de saison et réussir à se qualifier pour les playoffs, l’objectif du club ?

Je l’aborde comme chacune de mes saisons, c’est à dire match par match, tout simplement. Il ne faut pas déroger à cette règle et à ce qu’on fait, en restant concentré aux entraînements et on verra où ça nous mènera à la fin de la saison.

Laurent Legname