Du premier match à Boivin jusqu’au Trophée du Futur : l’odyssée des Espoirs !
Coach des Espoirs de la JDA Bourgogne Dijon et de l’Équipe de France Masculine U18, Élise PRODHOMME revient sur une saison marquée par les hauts, les bas… et une belle qualification au Trophée du Futur. Bilan collectif, coups d’éclat individuels, avenir de l’effectif et ambitions estivales avec les Bleuets : elle nous raconte tout !
« Si on remonte un peu dans le temps, quels souvenirs tu gardes de ton premier match de la saison ? Quels étaient tes objectifs et tes ressentis à ce moment-là ?
Je me souviens surtout que ce premier match, on l’a joué à Boivin (rires) ! Et forcément, on préfère toujours lancer la saison au Palais. Il a donc fallu s’adapter, mettre en place toute l’organisation. Mais finalement, c’était une belle entrée en matière. Une victoire qui a bien lancé le groupe, avec tout le monde impliqué, concentré, déjà investi dans le projet. Il y avait une vraie énergie autour de ce match. Et c’est cette victoire qui, plus tard, nous permet d’avoir le goal average sur Nancy et donc de décrocher notre place au Trophée du Futur. J’en garde donc un très bon souvenir, dans ce qu’on a su produire ce jour-là.
Quel bilan tu fais de cette saison ?
Ça a été une saison en dents de scie, clairement. Entre les blessures et les matchs décisifs qu’on n’a pas toujours su gérer… On n’a jamais réussi à battre une équipe du top 4, à part en quart du Trophée contre Cholet. On perd souvent de très peu : -2 contre Bourg, -3 contre Cholet, pareil contre Le Mans, contre Monaco… Cela dit, on a su assurer l’essentiel en gardant suffisamment d’équipes derrière nous et en montrant une vraie progression tout au long de l’année, tant individuellement que collectivement. Dans le contenu de jeu, il y a eu de vraies avancées. Comprendre pourquoi on faisait les choses, c’était un vrai objectif. Et finir en beauté au Trophée du Futur, ça a validé pas mal de choses. On bat une très belle équipe de Cholet, grâce à un état d’esprit irréprochable, à notre compétitivité. C’était le match qu’on attendait depuis le début : une victoire contre un gros. Ensuite, on tombe en demi contre le futur champion. Sur un match, tout peut arriver… Mais après l’intensité qu’on avait déjà laissée la veille, aller plus loin aurait relevé de l’exploit.
Quand la qualification pour le Trophée du Futur s’est confirmée à la fin du match contre Limoges, qu’est-ce que tu as ressenti ?
Un vrai soulagement. On savait que cela dépendait de nous jusqu’au bout et on a fait ce qu’il fallait. Malgré les hauts et les bas, et parfois très bas cette saison, on s’est donné une chance jusqu’à l’avant-dernière journée. Et puis, la logique a été respectée avec la victoire de Cholet contre Nancy. Donc finalement, un soulagement immense… et surtout une grande fierté pour mon équipe.
Et le dernier match contre LDLC ASVEL, tu l’abordes dans quel état d’esprit ? Tu prépares déjà le Trophée ou tu dis aux gars de lever un peu le pied ?
Non, le message était clair. C’était une question d’image. Quelle image on voulait laisser de notre saison ? Est-ce qu’on se disait : « tranquille, on est qualifiés, on joue relâchés » ? Ou est-ce qu’on voulait finir fort et, pourquoi pas, aller chercher la 5ème place si Nanterre perdait ? C’était ça le vrai sujet. Je leur ai dit : « le match, il est à vous ». On garde nos principes défensifs, notre jeu collectif, mais c’est à vous de décider ce que vous voulez en faire. Et j’ai vu une équipe déjà tournée vers le Trophée, qui montait en régime.
Quand le tirage tombe et qu’on affronte Cholet, qu’est-ce que tu te dis ? Quels sont les objectifs ?
Franchement, je m’y attendais. Avant même le tirage, j’étais persuadée qu’on allait tomber contre Cholet ou Bourg. Et plus la saison avançait, plus on sentait qu’il y avait « quelque chose » avec Cholet. Donc quand c’est tombé, je me suis dit : c’est l’opportunité qu’on attendait depuis le début. Battre enfin une équipe du top 4, sur un match sec, tout est possible. On allait tout préparer pour ce rendez-vous. Et après ? On verrait. Que ce soit Bourg ou Strasbourg, on savait qu’il faudrait de l’énergie. Le plus important, c’était de rappeler aux joueurs pourquoi ils s’étaient battus toute la saison pour être là. Et maintenant qu’on y était, la vraie question c’était : « qu’est-ce que vous voulez y faire » ? Et « quelle énergie vous êtes prêts à mettre » ?
Une fois la victoire contre Cholet acquise, qu’est-ce que tu t’es dit ? Et ensuite, quand tu as su que vous alliez affronter Bourg, comment tu l’as vécu ?
Quand on bat Cholet, je me dis que les joueurs ont été récompensés. Pas seulement eux d’ailleurs : le staff, les bénévoles, toutes les personnes qui ont accompagné le groupe et aussi toutes celles et ceux qui ont fait le déplacement pour nous soutenir… tout le monde a été récompensé des efforts fournis toute la saison. Si on s’était arrêtés en quart, on aurait gardé un goût d’inachevé. Là, on franchit un cap en battant enfin une équipe du top 4. Et quand on apprend que ce sera Bourg, on se dit : « On l’a déjà fait une fois, pourquoi pas deux » ? Oui, c’est chez eux, mais c’est eux qui ont la pression, pas nous.
On imagine que cette saison a été riche en émotions. Si tu devais retenir trois moments forts, ce seraient lesquels ?
Le premier, sans hésiter, c’est la victoire contre Cholet. C’est un symbole fort pour le Centre de Formation, un vrai moment marquant. Le deuxième, c’est la qualification au Trophée. J’ai encore en tête la joie dans le vestiaire, c’était fort. Et le troisième, il est un peu différent. C’est cette victoire à La Rochelle, en pleine période galère. Ce week-end-là, on devait jongler entre notre match et celui des U18 contre Monaco. On part à La Rochelle sans Mervyn, Ladji, Emrys, ni Romain. Franchement, on n’était pas nombreux. Et on va gagner là-bas, alors que pas mal d’équipes ont galéré à la fin de saison sur ce terrain. Celui-là, il restera.
Sur le plan individuel, comment tu as perçu la progression de tes joueurs ? Certains t’ont surpris ?
Je suis vraiment très satisfaite de leur progression individuelle. On a mis en place un fonctionnement collectif avec tous les coachs du Centre de Formation et les joueurs ont totalement adhéré. Mais surtout, ils se sont appropriés leur projet. À aucun moment on n’a senti quelqu’un traîner les pieds et pourtant, on s’entraînait souvent. Ils ont mis de l’énergie, de la rigueur et cela a porté ses fruits. En fin de saison, certains faisaient des choses qu’ils n’osaient même pas tenter au début. Ils ont gagné en confiance et cela s’est ressenti dans le collectif. Ce lien entre progression individuelle et performance d’équipe, c’était vraiment un des objectifs clés de l’année.
Un mot sur deux joueurs en particulier. D’abord, Bastien RIEBER qui termine meilleur passeur du championnat. Qu’est-ce que tu peux nous dire sur lui ?
Bastien, je l’ai adoré dès la première fois que je l’ai vu jouer, c’était contre nous, à Strasbourg. J’ai vraiment appris à le connaître au fil de la saison. C’est le genre de joueur que tous les coachs rêvent d’avoir : un vrai leader, toujours à fond, toujours prêt à bosser, qui ne comprend pas qu’on puisse s’entraîner à moitié ou qu’on ne veuille pas gagner à chaque match. Son caractère, pour moi, c’est une force. Et ce qui a fait la différence cette année, c’est qu’il a appris à le canaliser. C’est une des grandes clés de sa réussite. Il a aussi compris qu’il pouvait être bien plus qu’un passeur : il est devenu l’un des meilleurs shooteurs à trois points du championnat. Et puis, cette sélection en Équipe de France U20, c’est une vraie récompense. Il n’avait jamais été appelé auparavant. Je suis fière de lui, vraiment. Et fière du leader qu’il a été pour ce groupe.
Et un mot sur Marius BALANCA, élu dans le cinq majeur de la saison.
Marius, c’est un joueur qui est arrivé en même temps que moi. Dès sa première année U18, il est monté très vite avec les Espoirs et il a fait tout le parcours avec moi, sur quatre saisons. C’est quelqu’un de discret, pas du genre à beaucoup parler. Mais il rend toujours ce qu’on lui donne, à sa manière. Et cette saison, comme la précédente, il a pris conscience de ce qu’il fallait vraiment faire pour viser le haut niveau. Il a élevé son niveau de jeu, il a bossé physiquement, individuellement, constamment. Dans les moments importants, il a su embarquer l’équipe avec lui. En décembre par exemple, s’il y a eu un tel niveau de performance, c’est aussi parce que Marius a été exceptionnel dans l’engagement. Avec Bastien et Mervyn, ils ont formé notre trio de leaders. Et ce sont eux qui ont tiré le groupe vers le haut.
Et pour l’an prochain, tu peux nous faire un point sur l’effectif ?
Oui, Yanis AZOUGHAGH et Marius BALANCA quittent le groupe, ils sont en fin de cursus. Bastien RIEBER part aussi. Romain BERTHELIN a décidé de se rapprocher de chez lui et rejoindra Saint-Quentin. Tom AUDRY et Emrys DADEKE intègrent pleinement l’équipe Espoirs, puisqu’ils ne seront plus en U18. On a deux recrues : Théo HEBEQUET, un poste 3 qui arrive de Nancy, et Matteo VERGIAT, un meneur de jeu en provenance de Roanne. Mervyn MUAMBA reste à Dijon et fera la passerelle avec les pros, tout comme Matteo. L’effectif sera ensuite complété par des U18.
Quels sont les objectifs pour la saison prochaine ?
Ils restent les mêmes : viser la poule haute pour les U18 et décrocher une qualification pour le Trophée du Futur en Espoirs. Cela ne bouge pas.
Cet été, tu repars avec l’Équipe de France U18. Tu peux nous détailler le programme à venir ? On pourra suivre les matchs ?
Oui, bien sûr ! On débute le 26 juin à Vichy, où le staff se réunit. Les joueurs nous rejoignent le 27. On y restera en stage, puis on participera à un tournoi à Bellegarde-sur-Valserine, dans l’Ain, le premier week-end de juillet. Trois matchs au programme : face à l’Allemagne, la Lituanie et l’Espagne, vendredi, samedi et dimanche. Après un petit break de 3 ou 4 jours, on enchaînera avec un nouveau stage au Temple-sur-Lot, puis un tournoi en Espagne. Ensuite, retour à l’INSEP pour finaliser la préparation, avant de s’envoler pour Belgrade, où se jouera le championnat d’Europe du 26 juillet au 3 août. Et oui, les matchs seront à suivre sur YouTube !
Tu as sélectionné Tom pour ce programme. Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?
C’est une décision partagée avec le staff. Tom a montré beaucoup de choses cette saison, que ce soit en U18 ou en Espoirs. Son profil de jeu correspond à ce qu’on recherchait pour les 18 joueurs présélectionnés. Maintenant, c’est à lui de saisir cette opportunité. Il ne doit rien à personne, ni à moi, ni au club. Il est là parce qu’il le mérite. À lui de prouver qu’il a sa place dans ce groupe.
Bon courage pour l’Euro avec les Bleuets, Élise ! »
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